Kenya, le champion de la géothermie en Afrique

La géothermie désigne une exploitation de la chaleur qui se trouve naturellement dans le sol, elle est utilisée pour générer de l’électricité ou pour le chauffage. Cette énergie renouvelable est encore peu connue par rapport à l’éolien, au solaire et à l’hydraulique. Toutefois, dans les pays africains, notamment dans la partie Est du continent, avec l’élévation importante de la température souterraine, la géothermie s’avère une alternative prometteuse. La géothermie est une ressource propre qui préserve l’environnement car elle n’émet pas de gaz à effet de serre. Le Kenya en a fait un cheval de bataille pour son développement futur.

La géothermie alimente presque la moitié de l’énergie consommée kenyane

Le sous-sol du Rift au Kenya contient une source d’énergie importante dans toute sa profondeur. Cette énergie tellurique qui abonde au Kenya fournit de manière continue son réseau électrique. En Effet, le pays s’est décidé à développer son exploitation de façon de plus en plus efficace et actuellement, la géothermie assure 40% de l’électricité du Kenya. Ce qui le place parmi les premiers producteurs d’énergie géothermique d’Afrique en 2018.

En Afrique, le seul autre pays qui exploite la ressource tellurique est l’Éthiopie mais seulement avec une capacité de 7MW. Sur le plan mondial, le Kenya gagne la 9e place avec sa capacité de production passant de 620 MW en 2017 à 700 MW correspondant à 30% de son mix énergétique. Dans les prochaines années, l’exploitation va encore s’accroître dans les vastes gisements de la vallée du Grand Rift.

La géothermie, une énergie provenant de la terre présente une véritable opportunité pour le Kenya, ce pays de 48 millions d’habitants connaissant une croissance remarquable.

Les avantages de l’énergie géothermique.

Moins coûteuse, c’est le premier avantage de l’énergie géothermique. Au Kenya, un kilowattheure d’énergie géothermique est au prix de 0,07 dollar alors que l’énergie provenant du fioul coûte 0,18 dollar. La centrale Olkaria IV est estimée procurer une économie de 9,8 millions de dollars par mois, soit l’équivalent de 118 millions de dollars par an.

Stable, l’énergie géothermique ne dépend pas des aléas du climat, comme c’est le cas avec l’énergie hydro-électrique qui présente un taux de disponibilité moyen de 58% alors qu’avec l’énergie géothermique, ce taux atteint les 95%. La géothermie constitue 25% du parc électrique installé au Kenya et depuis septembre 2018, elle est devenue la première source d’énergie du pays avec 39,7%, en deuxième position l’hydraulique avec 37,6% et en troisième le thermique avec 22,7%.

Le Kenya, un pays précurseur

Comme le Kenya est le premier acteur dans le monde qui a installé des centrales wellhead, capable d’exploiter rapidement des puits forés, le pays accueillera par la suite le Centre d’excellence africain pour la géothermie, soutenu par le Programme des Nations-Unies pour l’environnement. Cette décision politique est une forme de récompense pour des efforts déployés dans cette action énergétique volontariste et aussi une manière de sensibiliser l’accroissement de la capacité de production de 2 GW en 2022 jusqu’à 5 GW d’ici 2030.

Leader de sa classe dans le continent africain, le Kenya a impacté ses voisins, outre l’Ethiopie, la Tanzani, l’Erythrée et le Djibouti dans l’exploitation de l’énergie géothermique.

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