La France est-elle menacée par la montée des eaux des océans ?

Avec la fonte continuelle des glaciers et la hausse de température que connaît l’océan, le niveau moyen de l’eau ne cesse d’augmenter. En septembre 2019, le GIEC a publié un rapport faisant état d’une montée d’environ 1,10 mètre à l’horizon 2100. En d’autres termes, les côtes françaises risquent de subir de plein fouet, la submersion et l’érosion.

La France fait partie des pays les plus menacés

Le plus inquiétant avec les conséquences de cette montée, c’est l’importante disparité d’impact qu’on note d’une région à une autre. En Europe par exemple, les pays qui seront les plus touchés par la submersion sont la France, la Belgique, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. D’après le ministère de la Transition écologique, la submersion pourrait impacter 850.000 emplois, 1,4 millions de résidents, 165.000 bâtiments et 864 communes. Quant à l’érosion, elle pourrait affecter un quart des côtes métropolitaines. De plus, ces chiffres ne tiennent pas compte du changement climatique qui pourrait aussi les amplifier.

Mais les habitations ne seront pas les seules impactées. L’Onerc s’est intéressé aux conséquences de cette montée sur les infrastructures. On retient de cette analyse, que la submersion impactera également 4.338 km de routes départementales, 15.522 km de routes communales, 198 km de routes nationales, 355 km d’autoroutes et 1967 km de lignes ferroviaires. Cela n’inclut pas les risques encourus par les centrales électriques, les bases militaires, le réseau Internet et les aéroports.

Des facteurs qui n’arrangent pas forcément les choses

Il existe en outre certains facteurs qui constituent un obstacle au déploiement efficient des mesures de lutte contre cette montée des eaux.

Cordon dunaire et solidarité des populations

Les côtes continuent d’attirer du monde. L’Observatoire national français de la mer et du littoral a relevé que la densité de la population était 2,4 fois plus élevée sur le littoral que la moyenne nationale. Et cette population risque de connaître une augmentation de 19% d’ici 2040. Cela constitue un obstacle de taille contre les mesures d’évacuation et de libération des côtes, c’est un imbroglio difficile à dénouer.

Les spécialistes préconisent une démolition des constructions les plus proches et une reconstruction en dehors des zones dangereuses. Mais le niveau actuel de la pression immobilière ne permet pas à l’état de racheter tout le bâti de bord de mer aux prix actuels du marché. De plus, les gens sont attachés à leurs biens. A Palavas, par exemple, une enquête menée en 2015, invitait les habitants à se prononcer sur ce qu’ils feraient en cas de fortes menaces de leurs logements. Seulement 7% ont répondu qu’ils partiraient à la moindre alerte et 20% ont répondu qu’ils ne partiraient pas quoiqu’il arrive. Les autres ont répondu qu’ils partiraient en cas de forte indemnisation.

Un fonds sous-utilisé

D’après les études menées par l’organisme, les indemnisations pourraient s’envoler de 50% par an d’ici 2050. Les deux tiers de cette hausse couvriraient les aléas climatiques tandis que le tiers restant serait consacré aux constructions dans les zones à risques. Parmi les pires catastrophes envisagées, on note une crue de la Seine au niveau de 1910.

Une telle catastrophe engloberait à elle seule, 30-40 milliards d’euros. Pour l’heure, le fonds CatNat est sans doute le seul fonds capable de financer de tels dommages. Mais il est pour l’instant inutilisé, à telle enseigne que l’état s’est permis de le ponctionner à hauteur de 200 millions d’euros pour le mettre au budget général (2016-2018). Une situation regrettable, quand on mesure les défis qui nous attendent dans les prochaines décennies.

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